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18 mars 2009 | numéro spécial

Intervention de :

Muriel Fally

Directeur du Contrôle des Coûts et de la Performance des Systèmes d’Information de la branche courrier de La Poste

La PosteMuriel Fally a partagé son expérience de la mise en œuvre pratique du pilotage par la destruction de valeur et a commencé son exposé autour de son sentiment initial : hésitation et incrédulité.

« Quand Marie-Noëlle m'a demandé de lancer un chantier sur la mesure de la destruction de valeur par le Système d'Information, je ne vous cache pas mon inquiétude... Comment mener un projet qui paraissait « provocateur » ? Comment obtenir l'adhésion des équipes ? Clairement, je n'y croyais pas ! Au fil des discussions, le lien avec les travaux sur la valorisation du capital immatériel ne me donnait pas plus d'assurance. N'allait-on pas réaliser un projet trop conceptuel ? »

« Les objectifs étaient les suivants : évaluer, pour les directions métier, nos clients internes, la destruction de valeur, occasionnée par les dysfonctionnements du  Système d’Information et utiliser les résultats obtenus pour concevoir et mettre en œuvre les plans d’action afin d’éradiquer ces mêmes dysfonctionnements ».

Mais dès le démarrage du projet, c'est un tout autre paysage qui se présente, à commencer par la forte adhésion de l'ensemble des acteurs du projet :

« Comme cela a été expliqué, l'approche nécessite un travail sur le terrain. En effet, le pilotage par la destruction de valeur concerne autant les métiers que la DSI. C'est pourquoi l'adhésion des métiers est un point clé. Cela permet de comprendre ce qui se passe réellement, de corriger les données chiffrées collectées dans les systèmes, et de valider au fur et à mesure de l'avancement l'ensemble des résultats obtenus pour éviter un rejet final. Ma plus grande surprise a été l'accueil qui nous a été réservé. Loin des craintes initiales, une grande satisfaction était exprimée par nos interlocuteurs. On les écoutait enfin. »

«  Au delà des métiers, les équipes de maîtrise d'ouvrage jouent un rôle déterminant dans l'approche. Le rapprochement entre les systèmes et les processus métiers passe par leur pleine et entière collaboration. Enfin, les équipes du pôle architecture & urbanisme du SI fournissent les données nécessaires à la cartographie des applications et leur rapprochement avec les processus métiers. »

« Le travail a été réalisé sur une activité de back-office, la facturation, et de front-office, les centres de télé-vente. Le retour est que cette approche constitue un véritable outil de pilotage pour la DSI, afin de :
- Prioriser les projets, avec un nouveau critère, « éviter les coûts de la destruction de valeur »,
- Refondre une application, en fonction des impacts chiffrés et de la fréquence des dysfonctionnements,
- Renforcer le dispositif d’exploitation, avec des arguments financiers pour le faire,
- Revoir les fonctionnalités des applications et conseiller le métier pour revoir ses processus dont la fragilité a pu être démontrée lors de l’étude,
- Aider à la rédaction du contrat de service (SLA). »

Le mot de la fin évoqué par Muriel Fally :  « On ose enfin parler des vraies questions avec le métier ! ».

Intervention de :

François Darbandi

Directeur Développement Processus Grand Public & Entreprises, Bouygues Telecom

Bouygues TelecomLe domaine Telecom est certainement un des univers où le système d'information est support de la quasi totalité de la chaine de création (ou de destruction) de valeur. C'est ce que François Darbandi rappelle dans son exposé :

« Le système d'information est au cœur de la continuité des processus opérationnels critiques de l’entreprise :

  • Vendre des recharges
  • Assurer le « barring » en prépayé
  • Traiter des commandes et rémunérer
  • Activer ou renouveler des lignes
  • Valoriser et facturer les communications
  • Accueillir les clients pour traiter leur demandes …

Ainsi, deux notions gouvernent les investissements pour fiabiliser et secourir les systèmes : la durée maximale d’interruption admissible et impacts en € d’une indisponibilité, la perte de données maximale admissible et impacts en € d’une perte temporaire. »

Il est alors rappelé que la cartographie d'une part, et la disponibilité de métriques d'autre part sont nécessaires au bon pilotage de l'ensemble. François Darbandi revient ainsi sur la contribution du Système d'Information :

« Certains considèrent que le SI n'est pas critique (référence à l'ouvrage de Howard Smith & Peter Fingar – It doesn't matter IT, Business Process Do). D'autres considèrent au contraire que les SI sont porteurs de compétitivité (« les TIC ont contribué pour près de 50 % à la croissance de la productivité de l'UE entre 2000 et 2004 » selon i2010). En réalité, il ne faut pas présenter le problème de façon dual, mais sous forme d'une chaîne, constituée des hommes, des processus et du système d'information. »

Pour finir, François Darbandi rappelle les points clés de cette chaine de création de valeur : la gestion de la complexité, le time-to-market, la capacité à mobiliser les compétences et l'analyse de la valeur au cœur des projets.

Intervention de :

Marie-Noëlle Gibon

Directeur de l’Innovation de Docapost, Directeur Général de Certinomis

La PosteMarie-Noëlle Gibon rappelle le fondamentaux de la création de valeur par le SI, notamment sur la base des travaux du CIGREF :

« La création de valeur est une responsabilité partagée par les métiers et les SI. Elle passe par deux vecteurs principaux :

  1. La valeur patrimoniale
  2. La valeur d'usage

La mesure de la création de valeur s'appuie sur un certain nombre de vecteurs :

  • Transformation : Quelle architecture d'entreprise et quelle architecture de SI ?
  • Innovation : Veille technologique et conception de nouveaux services
  • Planification opérationnelle : gestion du portefeuille de projets
  • Investissements : pilotage dynamique des investissements
  • Sécurité & résilience : politique et outillage de sécurité
  • Politique de moyens : sourcing
  • Excellence opérationnelle : Re-ingénierie des Processus, Accompagnement RH, Gestion du changement »


Au-delà de ce cadre conceptuel, Marie-Noëlle Gibon commente l'approche de pilotage par la destruction de valeur du SI :

« J'ai eu l'occasion de mettre au œuvre au sein de General Electric des approches de type 6 sigma. J'ai été séduite à l'époque par la capacité de construire des actions sur la base de mesures terrains (approche bottom-up), qui s'oppose à une approche systémique des systèmes qualité classiques. Quand nous avons lancé le projet avec Cost House de mise en œuvre d'une mesure de la destruction de valeur par le SI, nous avons repris ces fondamentaux, partant des observations du terrain pour aller vers les processus et les outils. »

A la question de l'audience sur le fait que cette approche pouvait être vue comme un moyen adapté à la situation de crise actuelle, la réponse est :

« Nous avons bâti cette approche bien avant la crise. Ce n'est pas un outil de « repli », mais au contraire, un outil de développement ».

 www.cost-house.com